![]() |
| LES MOTS S'EMMÊLENT par Cécile G. | |
|
«De prétextes en prétextes, les mots s’emmêlent, s’enfilent, de main en main, de bouche à bouche jusqu’à nous voir, gorge déployée, rire de nos jeux d’écriture ! On écrit sur des bouts de papier, au plus des tickets de tramway, faut pas que ça dépasse et en plus pas possible d’utiliser le « a » ou le « i ». On se passe des feuilles pliées qu’on fait tourner autour de la table, chacun écrit un mot, une phrase, ça fait une histoire aux airs surréalistes. On lit des textes, on les transforme, on les déforme, on les découpe, on les fait siens et on s’amuse comme de grands fous. » LA DICTEE MAGIQUE (sur un passage de Boris Vian, dans L’écume des jours, dicté par Martine) Il patinait avec des filles aux tâches de rousseurs sur le postérieur. Les habitués avaient une face de pick-up qui ne savaient pas quoi faucher. Au contrôle de la magie des environs il y avait un baobab vert en caoutchouc qui chantait une chanson d’amour sans consistance. Il faisait de l’ombre à la mer qui ondulait sous ses yeux de chat. Les parois du baobab se referment sur le postérieur des jeunes filles aux tâches de rousseur. Sauvages. Lubriques et irrationnelles. La serrure automatique tangue sur le corps de l’indomptable patineur à la syncope qui disparaît dans l’escalier de béton sonneur. La piste colorée tanguait sous l’effet de la liqueur. |